Vous vous entraînez, vous alignez les sorties, vous savez ce que vous valez. Et le jour qui compte, une course, une compétition, parfois une simple sortie en groupe, quelque chose se met en travers. Une petite voix qui dit « je ne suis pas à la hauteur ». Vous appelez ça un manque de confiance en vous. C'est le mot qu'on entend partout, alors c'est celui qu'on prend.
Le problème, c'est que ce mot décrit ce que vous ressentez, pas ce qui le provoque.
La confiance en soi dans le sport : un mot qui cache autre chose
« Je n'ai pas confiance » est une conséquence. Dans ce que je vois chez les sportifs que j'accompagne, il y a souvent une peur précise derrière : peur de décevoir quelqu'un, de rater devant les autres, de se blesser à nouveau, de ne pas tenir ce qu'on a annoncé, parfois même peur de réussir. Tant qu'on parle de « confiance » en général, on ne sait pas sur quoi agir.
Un exemple en course à pied
Imaginons un coureur qui prépare un semi-marathon. Les séances sont bonnes, il connaît ses allures, ses chronos à l'entraînement le montrent. Au départ, pourtant, il se place plus loin qu'il ne devrait, part prudemment, et lève le pied au premier moment difficile. Il dit : « je n'ai pas confiance ».
Si on regarde de plus près, trois situations très différentes peuvent se cacher derrière cette phrase. Il peut avoir peur de craquer devant les autres. Il peut avoir peur de ne pas tenir le temps qu'il a annoncé à ses proches. Ou il peut avoir peur de se faire mal, parce qu'une blessure est restée en mémoire. Ce n'est pas la même peur, et ce n'est pas le même travail.
Pourquoi se répéter « aie confiance » ne suffit pas toujours
Vous pouvez vous le dire dix fois avant le départ, lire des citations, faire des exercices de respiration. Dans mon expérience, ça aide parfois sur le moment. Mais si la peur est précise, elle revient dans la même situation, parce que rien n'a été dit sur elle.
Ce n'est pas un problème de confiance. C'est un problème de peur. Et on ne travaille pas une peur en essayant de se convaincre qu'elle n'existe pas.
Les peurs qui se cachent derrière « je n'ai pas confiance »
Selon les sportifs que j'accompagne, la même phrase recouvre des situations très différentes. En voici quelques-unes qui reviennent souvent :
- La peur de décevoir : son entraîneur, ses coéquipiers, ses parents, ceux qui sont venus encourager.
- La peur du regard des autres : se faire dépasser, finir loin, être jugé sur un chrono ou un classement.
- La peur de la blessure : un genou, un tendon, une douleur déjà vécue qui revient à l'esprit au moment d'accélérer.
- La peur de rater au moment qui compte : le dernier kilomètre, la dernière série, le tir décisif.
- La peur de réussir : parce que réussir change les attentes, le niveau à tenir, parfois la place qu'on occupe dans le groupe.
Aucune de ces peurs n'est une faiblesse. Elles ont chacune une logique, et c'est justement pour cela qu'elles ne se règlent pas avec une phrase générale sur la confiance.
Manque de confiance ou peur installée : comment faire la différence
Quelques repères qui reviennent souvent. Le manque de confiance varie : il monte avec les bons résultats, il baisse après un mauvais jour, il est plus fort quand on change de niveau ou qu'on débute. Une peur installée, elle, est plus stable. Elle revient dans le même contexte, même quand tout se passe bien par ailleurs, et vous pouvez presque prévoir le moment où elle arrive.
Posez-vous trois questions. À quel moment précis ça se produit ? Devant qui, ou avec qui ? Qu'est-ce que vous craignez qu'il se passe, concrètement ? Si vos réponses sont toujours les mêmes, il y a de fortes chances que vous ne manquiez pas de confiance. Si cela se traduit surtout par de la retenue en compétition, l'article sur jouer petit bras en match décrit ce mécanisme. Et si la peur se concentre avant le départ, celui sur le stress avant une compétition va dans le même sens.
Comment on travaille là-dessus en séance
La séance se fait en visio, de 30 à 45 minutes, en individuel. On part de la situation où la confiance lâche, et on cherche ce qui se joue à ce moment précis : de quoi vous avez peur, devant qui, pour quelle raison. Selon l'approche DEEPLI, c'est cette peur qu'on regarde, pas la confiance elle-même. Chaque situation est différente, et le nombre de séances varie d'une personne à l'autre.
Ce que les sportifs décrivent ensuite, dans les retours que j'ai : moins de retenue au moment qui comptait, un stress plus supportable, davantage de place pour leur geste ou leur course. Je ne le présente pas comme une promesse, seulement comme ce qui revient souvent. Si vous hésitez sur la nature de votre blocage, vous pouvez commencer par le quiz, ou lire la différence entre un coach mental et un spécialiste des peurs.